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L'environnement naturel joue un rôle essentiel dans la survie des générations présentes et futures, si bien que l'évolution de l'humanité dépend pour beaucoup de sa qualité et des ressources qu'il offre. La planète et son environnement sont potentiellement en péril du fait de nombreux facteurs imputables à l'homme et le changement climatique pourrait considérablement modifier les conditions de viabilité de l'espèce humaine. Les conséquences du changement climatique pour les communautés sont de plus en plus visibles dans de nombreuses régions du monde. Loin de se résumer à une simple question environnementale, scientifique ou économique, le phénomène est devenu un enjeu humanitaire. La variabilité accrue du climat, combinée à l'augmentation de l'ampleur et de la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes, aggrave les besoins humanitaires dans les situations d'urgence et entraîne un état de pénurie alimentaire et de stress hydrique, ainsi qu'une modification du mode de propagation géographique des maladies.
La perte de la biodiversité, la pollution de l'eau et de l'air, le changement climatique…, les mouvements et les politiques environnementalistes dédiées à leurs causes interpellent chacun d'entre nous, dans chacun de ses actes, de production et de consommation, et lui demandent un effort conséquent pour améliorer l'état de l'environnement.
La biodiversité est une propriété de la nature bien connue des biologistes : c'est la diversité du vivant, du gène à l'écosystème. Elle recouvre également les moyens à mettre en œuvre pour sa sauvegarde. Or, ce terme est désormais omniprésent dans les discours et les écrits : la nature s'appauvrit, les espèces disparaissent, il faut réagir ; et le fait que l'homme doive agir pour sauver la biodiversité la rend d'autant plus attractive dans notre société du contrôle et de la maîtrise.
Assistons-nous en ce début de xxie siècle à la fin de la nature comme l'avait pressenti François Terrasson ? Les spécialistes mondiaux considèrent que l'espèce humaine est responsable de la sixième crise d'extinction des espèces qui s'amorce, et dont la vitesse de disparition est bien supérieure à celles des autres crises survenues dans l'histoire de la Terre. Notre emprise sur la biosphère est telle que nous allons probablement nommer officiellement notre ère « l'anthropocène » avec un degré d'artificialisation jamais atteint dû à la domination de la technologie (OGM, nanotechnologie) et à des rêves prométhéens (transhumanisme, géo-ingéniérie) faisant écho aux propos de Jacques Ellul sur la technique : « Elle ne peut pas laisser un domaine intact. » Enfin, la nature s'efface devant la biodiversité, nouvel objet de la technoscience
Les discussions sur la dégradation de l'environnement ont tendance à être centrées sur le changement climatique. Or, il importe de ne pas perdre de vue la situation dans son ensemble : bien qu'il en soit l'une des causes principales, le changement climatique n'est pas le seul responsable de la dégradation de l'environnement. La déforestation, la pollution de l'air, de l'eau ou des sols, la surexploitation des ressources naturelles, la pression démographique ou l'urbanisation ont les mêmes répercussions sociales et humanitaires que le changement climatique, mais le débat politique actuel a tendance à les laisser de côté.
Si l'homme n'avait pas si peur de la nature et si elle ne lui rappelait pas à ce point sa fin inéluctable, il y aurait davantage de cas où le gestionnaire de la biodiversité choisirait de ne rien faire et de laisser la nature en libre évolution. Hélas ! Tout un pan de la nature est méprisé par une grande partie de notre société : bois mort, friches, eaux croupissantes, marécages, espèces invasives. De plus, cela flatte l'orgueil de l'homme de croire qu'il est indispensable à la bonne marche de la nature. C'est au contraire la naturalité qui, aujourd'hui, définit le mieux la non-intervention dans la nature protégée. La naturalité est associée à l'état de nature spontanée, et souvent opposée à l'artificialité. La naturalité se développe à partir du moment où l'homme cesse d'agir volontairement : cette notion intègre donc les héritages anthropiques. Il s'agit donc bien d'une autre nature, que nous avons la capacité d'épargner au quotidien en lui laissant quelques marges de liberté, celle que Peterken qualifie, pour les forêts, de « naturalité future ». La naturalité n'attribue pas plus de valeur à l'espèce rare qu'à l'espèce banale, à l'espèce autochtone qu'à l'espèce exotique. Elle fait abstraction des écosystèmes en danger, considérant que tout écosystème à dynamique spontanée présente la même valeur. Elle inclut donc la nature « ordinaire ». La nature n'est pas une affaire de raison mais une affaire de cœur.
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